Chemin de Régordane

16 novembre 2011


D’abord connu sous le nom de « Chemin de Saint-Gilles », c’était un chemin de pèlerinage qui reliait LE PUY EN VELAY à l’abbaye de SAINT GILLES. Au cours du XIème siècle, il devint un axe de circulation important de marchandises et de personnes, atteignit son apogée de fréquentation au XIIème siècle, avant de décliner et de tomber en désuétude au profit d’autres voies plus praticables et moins dangereuses. Depuis quelques années, ce chemin historique fait l’objet d’un regain d’intérêt par les habitants et les historiens et est valorisé par le GR 700. Chamborigaud est traversé de part en part par le chemin de Regordane. En arrivant sur la commune à partir de Pont-de-Rastel, il longe la rivière du Luech, s’enfonce dans la rue basse, poursuit le long du ruisseau de la Ribeyrette avant de quitter la vallée pour remonter en direction du col de Portes.





Un peu d'histoire :

Le chemin de Régordane est le tronçon cévenol de la route qui reliait l'Ile de France au bassin méditerranéen. Son essor se situe vers 843, date où le traité de Verdun divise en trois l'empire carolingien. Au lendemain de l'an mil, alors que renaissent les échanges à travers le bassin méditerranéen et que les pélerinages irriguent la Chrétienté, ce chemin joua un rôle essentiel dans l'histoire de l'Europe occidentale. Pour les pélerins, il s'agissait de rallier Jérusalem après avoir prié sur la tombe ou le reliquaire des saints thaumaturges (faisant des miracles) promus par les missionnaires, au premier rang desquels ; Saint Gilles. Bien avant l'itinéraire conduisant vers le finistère de Santiago de Compostelle, c'était le chemin de Saint Gilles qui rassemblait la foule des pélerins en quête de repentance et de salut. Plus curieusement, c'est également ce chemin partiellement montagnard qu'adoptèrent ceux qui commençaient sur l'axe Ile de France - Méditerranée. La Vallée du Rhône, axe naturel des communications nord-sud étant fractionné, incertain et onéreuse (taxe, péages), les marchands semblent avoir privilégié le chemin des pieux pélerins.
Du XII° au XIII° siècle, des conditions climatiques clémentes favorisent les productions agricoles et l'économie. Les villes s'agrandissent, l'amélioration des routes facilite les échanges : le Chemin de Régordane est aménagé. Mais le traité de 1308 repousse les frontières jusqu'au Rhône. C'est alors la fin de l'âge d'or du chemin de Saint Gilles, les voyageurs préférant le sillon rhodanien. Par ailleurs, le climat devient plus froid et humide, la production agricole s'en ressent. La population diminue. Le commerce est interrompu. Le Chemin de Régordane qui n'est plus nécessaire, n'est plus entretenu et disparaît progressivement.
Le chemin connaît un regain d'intérêt au XVIII° siècle "car le roi aura grand intérêt à faire réparer ce chemin pour mener de l'artillerie dans un pays où la façon de penser n'est pas conforme à l'opinion générale". Le chemin est réouvert mais est de nouveau abandonné vers 1709, à la fin de la Guerre des Camisards.

 
 
 
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